Secret de consultant #3 : Le sponsor invisible tue la transformation sans jamais dire non
- Jérôme Leblanc
- Engagement, Transformation
Secret de consultant : Le sponsor invisible tue la transformation sans jamais dire non
Imaginez un orchestre symphonique. Les musiciens sont là, talentueux, les partitions prêtes, le chef d’orchestre sur le podium… mais sans geste clair, sans regard qui donne le tempo, la musique ne prend pas vie.
Dans une transformation, ce chef d’orchestre, c’est le sponsor.
Dans beaucoup d’organisations, son rôle est réduit à un vague soutien, une validation en comité, quelques mots en kick-off. Puis plus rien. Un rôle presque fantomatique.
C’est là que réside un secret rarement dit à voix haute : le sponsor ne fait pas que soutenir la transformation, il l’incarne.
Le sponsor qui signe, mais ne dirige pas
Dans les discours officiels, le sponsor “porte le projet”, “soutient la démarche”, “valide les décisions clés”. En pratique, cela se traduit souvent par une présence en comité de pilotage, quelques mots en kick-off… puis une disparition progressive dans le quotidien de la transformation.
On confond alors sponsoring avec signature : on pense qu’avoir le nom d’un dirigeant en haut de l’organigramme de projet suffit à sécuriser le changement. Alors qu’en réalité, sans présence visible, sans actes concrets, sans arbitrages assumés, le message qui circule dans l’organisation est très simple : “C’est important… mais pas au point de changer vraiment nos habitudes.”
Dans le cadre par exemple d’une transformation agile ou SAFe, cette confusion est encore plus toxique. On demande aux équipes de travailler autrement, tout en maintenant les mêmes modes de pilotage, les mêmes reportings, les mêmes réflexes de contrôle. Résultat : l’organisation joue à être agile en surface, mais reste en cycle en V dans sa tête et dans ses réflexes.
Le vrai secret : le sponsor incarne le changement
Secret de consultant : le sponsor n’est pas là pour soutenir le changement, il est là pour l’incarner.
Incarnation, cela veut dire trois choses très concrètes :
Il agit différemment, avant de demander aux autres de le faire.
Il crée de la désirabilité autour du futur, avant de chercher l’acceptabilité des impacts.
Il gère l’énergie humaine de la transformation, pas seulement son planning.
Dans les transformations liées à l’intelligence artificielle, ce point est vital. Les études montrent que les transformations numériques et IA qui réussissent ont presque toujours un sponsoring exécutif fort, visible, cohérent dans la durée. Quand ce sponsoring est faible ou symbolique, les initiatives se multiplient, puis s’éteignent faute de protection, de ressources et de clarté stratégique.
Un sponsor qui incarne vraiment le changement ne se contente pas de dire “l’IA est une priorité”. Il montre comment lui-même utilise ces outils, comment il accepte de désapprendre, comment il protège les équipes qui expérimentent, même quand les résultats sont encore incertains.
Quand le sponsor est invisible, le changement devient optionnel
Sur le terrain, quand un projet commence à patiner, il y a une question qui ne trompe jamais : “Et le sponsor, il fait quoi concrètement en ce moment ?”
Quand la réponse ressemble à “il est aligné”, “il est d’accord”, “il nous soutient” mais que plus personne ne peut citer un geste récent, une prise de position claire, un arbitrage difficile assumé, cela signifie une chose : le changement n’a plus de visage.
Les équipes captent très vite ce signal silencieux et tirent la conclusion la plus rationnelle du monde : “Si lui ou elle ne bouge pas vraiment, pourquoi moi je bougerais ?”
Dans une grande transformation IA, par exemple, les data labs se montent, les POC s’empilent, les présentations internes se succèdent. Mais dès que les arbitrages budgétaires deviennent serrés, si le sponsor ne défend pas ces initiatives face aux autres priorités, le message implicite est clair : “C’est intéressant, mais pas vital.”
Un sponsor discret peut faire avancer un projet.
Un sponsor invisible peut le tuer… sans jamais dire non.
Le sponsor, amplificateur d’énergie et gardien de l’alignement
Un bon sponsor est un amplificateur. Il amplifie :
La désirabilité : en parlant du futur comme d’un endroit où il a envie d’aller lui-même, pas comme d’une contrainte à subir.
L’acceptabilité : en prenant publiquement la responsabilité des décisions inconfortables, pour éviter que les équipes portent seules le poids du changement.
L’incarnation : en alignant ses propres comportements avec le discours officiel, surtout quand c’est difficile.
Le sponsor ne cherche pas l’unanimité. Il cherche l’alignement : que tout le monde comprenne la direction, les priorités, les règles du jeu.
À partir de là, les équipes peuvent devenir le moteur de leur propre transformation, parce qu’elles savent ce qui est non négociable, ce qui est expérimental, et où elles ont le droit d’innover.
IA : la crise de vérité du sponsoring
Avec l’IA, tout s’accélère : les métiers se redéfinissent, les compétences se déplacent, la frontière entre humain et machine se reconfigure. Ce contexte met le rôle du sponsor sous une lumière crue.
Un sponsor peut continuer à expliquer, rassurer, détailler des roadmaps. Mais ce qui fera vraiment la différence, c’est ce qu’il rend visible :
Est-ce qu’il utilise lui-même les outils d’IA qu’il recommande aux autres ?
Est-ce qu’il protège le temps d’expérimentation, même quand les résultats sont encore flous ?
Est-ce qu’il accepte d’incarner publiquement le fait qu’il ne sait pas tout, qu’il apprend, qu’il change de posture ?
L’incarnation, ici, ce n’est pas jouer au “leader visionnaire”. C’est accepter de montrer que le futur n’est pas complètement écrit, mais que l’organisation va le construire ensemble.
C’est gérer l’énergie humaine : les peurs, les espoirs, la fatigue, les excitations.
Ces transformations sont surmontables.
Elles le sont d’autant plus que le sponsor cesse d’être une ombre en haut de l’organigramme, pour devenir un point d’ancrage visible dans le chaos apparent.
Trois questions que tout sponsor devrait se poser
Si vous êtes sponsor d’une transformation, surtout liée à l’IA, posez-vous des questions simples, mais exigeantes :
Qu’est-ce que je rends visible chaque semaine qui montre que cette transformation compte vraiment pour moi ?
Qu’est-ce que je continue d'accepter, alors que j’ai officiellement dit qu’on passait “à autre chose” ?
Où est-ce que je demande aux autres de changer sans avoir commencé à changer moi-même ?
Et si vous êtes chef de projet, manager, consultant en conduite du changement, retenez ceci : vous ne compenserez jamais durablement un sponsoring faible. Vous pouvez structurer, accompagner, expliquer, sécuriser. Mais si la posture du sponsor n’est pas incarnée, l’organisation, elle, l’a déjà compris.
Au fond, une transformation ne tient pas seulement sur un plan, une méthode ou une communication. Elle tient sur une posture.
Celle d’un sponsor qui a compris que son rôle n’est pas d’obtenir l’adhésion… mais d’entraîner l’organisation par l’exemple.
Vous avez des problèmes avec vos sponsors qui ne trouvent pas leur place ou ne joue pas suffisamment leur rôle dans vos transformations, Parlons-en ensemble.
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